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Valorex, promoteur du lin santé

Valorex a lancé en 1992 une gamme d’alimentation animale à base de graines de lin qui profite aux animaux comme aux consommateurs. La société dirigée par Pierre Weill propose aussi, depuis 2010, des farines de lin pour l’alimentation humaine.

Paré à Innover : le lin serait donc l’allié de notre santé ?

Pierre Weill : en abandonnant progressivement les cultures mineures comme la luzerne, le lupin, la féverole au profit du maïs et du soja, les éleveurs ont privé leurs animaux d’apports bénéfiques. Le lin est la graine la plus riche en Oméga 3, en fibres, en anti-oxydants. En cherchant à comprendre les raisons pour lesquelles les vaches et les truies nourries au lin étaient plus fertiles, nous avons découvert que leurs lait et viande étaient de meilleure qualité, puis que les consommateurs qui mangeaient cette viande ou ce beurre se portaient mieux. Forts de ce constat validé en 1999 par une étude clinique, nous avons breveté un procédé de cuisson du lin, par thermoextrusion, pour détoxifier la graine, la rendre digeste et conserver ses qualités. Nous avons alors développé l’usage du lin en nutrition animale.

PAI : Valorex s’est ensuite intéressé à la nutrition humaine…

Pierre Weill : Pourquoi passer par l’animal si l’homme peut digérer directement la graine de lin ? C’était une suite logique, pas facile à mettre en oeuvre. En fait les deux voies sont complémentaires. Dès 2002, nous avons consacré une étude clinique à ce concept. Nous avons ensuite conçu un processus adapté, puis dédié en 2006 une ligne à la production de ces farines Tradilin® au sein de Valorex Alimentation Animale. Enfin, en 2010 une unité de production propre à Valorex Alimentation Humaine a vu le jour pour le marché de la boulangerie, de la meunerie, de la biscuiterie, ainsi que la vente au détail. Valorex est la seule entreprise française à proposer des mélanges de graines cuites (dont le lin) pour l’agroalimentaire. À partir de ces graines françaises, tracées et détoxifiées, nous produisons 1 000 tonnes par an et espérons ouvrir l’an prochain une 2e ligne de production pour atteindre 3 000 tonnes dans les 5 ans. Le marché à créer sera long à mettre en place. Valorex Alimentation Humaine est une aventure commerciale et scientifique.

PAI : quelle place tient l’innovation chez Valorex ?

Pierre Weill : Une place essentielle. L’innovation est une affaire de science et de technologie construite sur des questionnements. Valorex a vu le jour parce qu’on s’est demandé pourquoi vaches et truies étaient en meilleure santé quand elles mangeaient du lin. Il nous a fallu 10 ans pour apporter une réponse, dont découle toute l’aventure. Aujourd’hui, sur 120 collaborateurs, 30 font de la R&D. Nous travaillons avec des instituts de recherche (INRA, CNRS, CERNh*) dans un souci constant d’innovation, comme la mesure par infrarouge des Omega 3 des graines. Afin de perfectionner nos process, nous avons instauré une ligne pilote dans notre site de production.

PAI : quelle est la vision du président du pôle de compétitivité Valorial que vous êtes sur le développement des entreprises agroalimentaires bretonnes ?

Pierre Weill : Je suis optimiste, mais c’est dur. Si elles ont des atouts, les entreprises agroalimentaires sont souvent exsangues. Il est très difficile d’innover quand la recherche du 1er prix est le principal objectif qui nous est assigné. Comme si la baisse du budget alimentaire des Français était le seul but politique ! Nos entreprises ont besoin de soutien, de fléchage, de reconnaissance. On devrait interdire la communication sur les prix toujours plus bas, pas celle sur la nutrition santé. C’est une affaire de santé publique et d’environnement qui nécessite une vraie volonté politique.

*Centre National de la Recherche Scientifique, Institut National de la Recherche Agronomique, Centre d’Enseignement et de Recherche en Nutrition Humaine.

VALOREX EN CHIFFRES

Le groupe produit 220 000 tonnes d’aliments pour les animaux de 12 000 éleveurs par an.

3 sites de production en propre et plusieurs lignes au sein de sites agroalimentaires français et étrangers.

Ses produits sont disponibles dans 26 pays.

CA 2014 : 80 millions d’€



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