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Otima : l'intelligence économique en pratique

Otima – De l'étude et fabrication d'enveloppes et de châssis métalliques à l'assemblage et l'intégration de produits finis, 210 salariés, La Selle en Luitré (35)

Activité de l'entreprise

Otima – De l'étude et fabrication d'enveloppes et de châssis métalliques à l'assemblage et l'intégration de produits finis, 210 salariés, La Selle en Luitré (35)

Paré à Innover n°37 a rencontré Daniel Le Diouron PDG d'Otima et Tiphaine Tatibouët, animatrice Intelligence économique
« OTIMA évolue dans un monde en mouvement, avec de fortes turbulences externes […] », explique Daniel Le Diouron dans l’édito de la lettre d’information de la société qu’il a créée en 1979. Pour faire face à ces « turbulences » voire en tirer le meilleur profit pour la société, il décide en 2005 de développer une fonction dédiée à l’intelligence économique.

Paré à Innover : Quel est le métier d'Otima ?

Daniel Le Diouron : Otima est fournisseur industriel de grands donneurs d’ordre et de PME. Notre cœur de métier est la tôlerie fine. Quand la société a été créée, nous faisions de la sous-traitance. Aujourd’hui, nous proposons des prestations globales, depuis l’étude jusqu’à la livraison des produits finis, sur quatre marchés : l’électronique, les transports, l’électrique et le médical.

PAI : Qu'est-ce qui a motivé la création du poste d'animateur Intelligence économique ?

D.L.D. : Dès 2000, la pression des pays émergents s’est fait sentir. Nous n’avions alors ni les moyens financiers ni l’envie de nous installer à l’Est et de revenir à un métier de sous-traitance pure. En collaboration avec Créativ, nous avons mené une réflexion stratégique et en avons conclu qu’il fallait proposer une prestation avec une valeur ajoutée plus forte si nous voulions continuer à développer notre société. Cela nous a amené à identifier de nouveaux marchés et à remettre en question notre organisation interne, à nous structurer. Le poste dédié à l’intelligence économique a été créé en 2005 et confié à Tiphaine Tatibouët.

PAI : Quels sont les bénéfices pour OTIMA ?

D.L.D. : Pour nous, la notion d’intelligence économique est très liée au développement commercial. C’est la motivation numéro un. Cela nous permet de mettre tout en œuvre pour anticiper les besoins des marchés. Elle nous permet aussi d’anticiper les mutations de notre secteur en faisant évoluer les compétences de nos salariés.
Tiphaine Tatibouët : En général, l’intelligence économique est perçue comme la nécessité de sécuriser l’information. Chez Otima, la finalité est plutôt de savoir où on peut apporter de la valeur ajoutée. En 2005, j’ai démarré par une étude du marché ferroviaire, l’identification des évolutions réglementaires, des tendances… Au terme de ce travail, nous avons abouti à un plan d’actions commercial et une coopération avec Alstom a été lancée.

PAI : Comment fait-on de l'intelligence économique au quotidien ?

T.T. : Identifier de nouvelles opportunités de développement, c’est être à l’écoute pour mieux comprendre son environnement. Très concrètement, être présents sur des salons où l’on peut échanger directement avec nos clients, prendre contact avec des prospects… Je réalise aussi une veille « marché » hebdomadaire que je transmets au comité de direction. Si des pistes intéressantes sont identifiées, je creuse… Pour la veille technologique, nous nous appuyons sur l’Institut Maupertuis et le CETIM. Faire de l’intelligence économique, c’est aussi savoir partager l’information avec les personnes concernées : les salariés, nos clients et nos fournisseurs, par le biais de lettres d’information, d’événements dédiés, de panneaux d’information dans l’usine.

PAI : Selon vous, quel est, ou devrait-être, le rôle des acteurs publics en matière d'intelligence économique ?

D.L.D. : L’important est de démystifier ce concept, peut être même de changer le vocabulaire. L’essentiel pour une entreprise est de savoir comment gérer l’information pour se développer. Peut-être aussi moins mettre en avant la veille brevets qui n’est qu’un moyen parmi d’autres. Aujourd’hui, ce type de démarche est trop perçu comme une charge supplémentaire. Faire de l’intelligence économique, c’est avant tout une opportunité de faire du business.



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