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Initiative et Partenariat : Science et Mer, valoriser les algues et leurs bienfaits (Octobre 2004)

Lorsque vous rencontrez Christine Bodeau, c'est bonne humeur assurée pour toute votre journée tant son dynamisme et son bon esprit sont communicatifs. L'histoire de Science et Mer, Christine Bodeau vous la raconte avec une passion toujours vive après 18 ans au poste de Direction de cette PME...

L'initiative : témoignage de Christine Bodeau, Science et Mer

C'est avec de petits moyens, que Christine Bodeau créé son entreprise en 1986 au Relecq Kerhuon, avec une idée en tête : fabriquer des produits en valorisant une matière locale, les algues.
Après avoir fabriqué quelques produits cosmétiques, elle s'associe et s'entoure de compétences à la fois commerciale et recherche et développement en précisant alors son orientation : la fabrication de produits cosmétiques à destination des centres de thalassothérapie.
Aujourd'hui Science et Mer fournit 85 % des centres de thalassothérapie « Nous sommes véritablement sur une niche, précise Christine Bodeau. Je crois qu'on peut dire qu'avec nos produits on a aidé le secteur de la thalassothérapie à se bousculer. En cosmétique, on se doit sans cesse d'innover, d'être à la pointe de la technologie et en même temps faire envie, séduire. Ce qui m'intéresse c'est d'être continuellement à la recherche d'une nouvelle texture, d'un nouveau parfum, d'une nouvelle couleur et surtout de comprendre pourquoi on arrive à ce résultat là. Savoir comment et pourquoi un produit va devenir crémeux ou gélifiant, je trouve ça passionnant. Et quand en plus le produit a deux ans d'avance sur les produits concurrents, c'est très gratifiant.

Le partenariat avec l'Université de Bretagne Occidentale

Christine Bodeau : « Nous avons créé un laboratoire dans les locaux de l'Université de Bretagne Occidentale et avons constamment des contacts avec les chercheurs. A l'université il y a un tel volume de neurones en activité, c'est une opportunité pour nous d'utiliser toutes ces connaissances et ces compétences. Je trouve ce travail d'équipe très valorisant et en même temps très profitable pour l'entreprise. En tant que PDG, il faut savoir donner l'impulsion et animer la curiosité de l'équipe en permanence pour aller toujours plus loin. Cela se traduit par exemple par le fait de donner à ses collaborateurs la possibilité d'aller écouter ce qui se passe ailleurs, d'assister à des conférences… De toute façon, je pense que pour innover, il faut faire abstraction de tout conflit, de tout rapport de force, c'est plutôt dans l'émulation qu'on peut progresser ».

En Savoir Plus

Christine Bodeau - Science et Mer
02 98 28 34 29

Vincent Lamande
Service valorisation, Université de Bretagne Occidentale
02.98.01.80.35

Le Portrait : Vincent Lamande, Service Valorisation, Université de Bretagne Occidentale

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« Les Petites et Moyennes Entreprises ont pris conscience de la nécessité d'avoir une démarche d'innovation. » C'est en tout cas le constat de Vincent Lamande qui dirige la valorisation de l'Université de Bretagne Occidentale. Il explique ainsi la « montée en puissance » de ces structures créées à la fin des années 90 sous l'impulsion des lois Allègre sur l'innovation. « Pour externaliser leur travaux de Recherche et Développement, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à faire appel aux compétences des Universités. »

L'université de Bretagne Occidentale regroupe près de 1000 enseignants-chercheurs et 45 laboratoires basés à Brest mais aussi Quimper. C'est ce potentiel de recherche que « valorisent » les 4 permanents de la cellule basée à Brest. L'année passée, ils ont gérés 150 contrats de collaboration dont 1/3 impliquait des PME bretonnes. Les domaines d'activités des chercheurs de l'UBO sont variés et souvent orientés vers les sciences de la mer ou l'agroalimentaire. Ils travaillent, par exemple, sur des projets de valorisation de co-produits de la pêche et plus généralement la valorisation des déchets alimentaires, voire testent la toxicité des aliments dans le cadre de la sécurité et la microbiologie alimentaire.
« Pour aboutir à une collaboration, il faut qu'une relation de confiance se crée entre l'équipe de recherche et l'entreprise. Cela passe par un contact direct que nous essayons de provoquer. Nous organisons avec les technopôles finistériens un cycle de 5 rencontres thématiques qui devrait débuter dès la fin de l'année », ajoute Vincent Lamande.
La cellule de valorisation apporte aussi son appui aux chercheurs dans la protection de leurs idées et accompagne ceux qui créent leurs entreprises. « En 2003, 6 dossiers de création ont été instruits en collaboration avec les Technopoles et l'incubateur Emergys. L'un d'eux portait sur la création d'une écloserie d'Ormeaux, une initiative unique en son genre ».
L'avenir ? « L'ambition de créer une structure régionale pour mutualiser les efforts de valorisation de la recherche publique en Bretagne. Cela nous donnerait les moyens d'afficher davantage nos domaines de compétences et nos offres technologiques pour mieux répondre aux demandes croissantes des industriels. »



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