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Des drones pour mesurer la biomasse d'algues de rive en Bretagne !

Projet innovant

Porté par le Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins de Bretagne (CRPMEM), le programme Biomasse Algues souhaite expérimenter une technique encore jamais testée en France : l’utilisation des drones pour réaliser de la télédétection hyperspectrale à une échelle très fine afin d’estimer la biomasse algale présente sur l’estran.

En lien étroit avec le Parc Naturel Marin d’Iroise et entouré de de la start-up brestoise HyTECH-Imaging - en charge du levé de télédétection hyperspectrale par drone - d’Agrocampus Ouest et de la Station Biologique de Roscoff, le CRPMEM a donc lancé la première étape de l’expérimentation le dimanche 5 juin 2016 à Plouarzel dans le périmètre du Parc Naturel Marin d’Iroise, zone expérimentale dans le cadre du programme Biomasse Algues.

Le premier vol a eu lieu à basse mer, réalisant 27 lignes de vol pour couvrir la zone de l’Ile Ségal. Ce premier vol, associé à la réalisation d’une librairie spectrale (réalisation des cartes d’identités de chaque algue en mesurant leur longueur d’onde) devrait permettre d’identifier les espèces présentes. Un second vol à haute mer, lorsque les algues sont émergées, devrait permettre de mesurer le volume d’algues présentes, et d’obtenir ainsi les biomasses présentes pour chaque type d’algue. La méthode sera validée par la comparaison des données acquises avec des relevés manuels effectués également dimanche dernier.

La biomasse en algues de rive est encore très méconnue en Bretagne, pourtant les enjeux sur la ressource n’ont jamais été aussi forts. Ce sont des écosystèmes très productifs qui ont une grande importance écologique mais aussi, et de plus en plus, économique. En Bretagne, et plus particulièrement dans le Finistère, les algues sont exploitées par une cinquantaine de récoltants et environ 350 saisonniers à destination de l’industrie agroalimentaire, des cosmétiques ou encore de l’alimentation humaine. L’algue bretonne aurait ainsi généré 425 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014.

La Bretagne est un territoire maritime d’exception de part sa diversité exceptionnelle, avec plus de 400 espèces de macro-algues recensées sur le littoral breton, mais aussi grâce à la qualité unique des algues bretonnes due au brassage des marées et des courants. Le Comité régional des pêches de Bretagne, en lien avec les scientifiques et le Parc Naturel Marin d’Iroise, veille donc à mettre en place une gestion équilibrée et durable de la ressource. Dans cette optique, il a lancé le programme Biomasse Algues en mars 2016. Sur 3 ans, il a vocation à évaluer la ressource bretonne et trouver une méthode pour mettre en place des suivis réguliers. Le drone offre des perspectives modernes, notamment à grande échelle où les relevés de terrain manuels nécessitent une main d’œuvre trop élevée.

Financé majoritairement par la Région Bretagne, le programme Biomasse Algues regroupe plus de 23 structures (scientifiques, syndicats professionnels, institutions étatiques, AMP) dont 9 partenaires financiers. Le Parc Naturel Marin d’Iroise, qui a déjà testé en 2011 et 2012 des techniques de télédétection hyperspectrale par avion pour l’évaluation des peuplements algaux, finance une large partie de cette expérimentation faisant appel aux drones.



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