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Des biotechs parmi les 30 bretons qui font le business de demain par Capital

Brève

Le Groupe Roullier, Yslab, Bio3G, BCF Life Sciences, Yves Rocher, Diana Food, Hemarina et CBB Capbiotek ont été récemment sélectionnées par le magazine Capital pour leur capacité à faire le business de demain, dans un dossier dédié à l'innovation en Bretagne.

Patrons ou start-uppers, ils font bouger l'économie bretonne en innovant et en embauchant dans toute la région.

JORGE BOUCAS, 43 ans, président du directoire du Groupe Roullier

220 ingénieurs et chercheurs planchent sur les engrais et la nutrition animale de demain à Saint-Malo. C'est dans la cité corsaire, fin 2015, que le Groupe Roullier a inauguré son centre mondial d'innovation de 8.000 mètres carrés. Ses chercheurs travaillent, par exemple, à aider les plantes à mieux résister aux attaques de parasites grâce à des extraits d'algues. Pour y arriver, ils font pousser 3.000 espèces végétales dans leurs serres. L'entreprise, au capital 100% familial, a fait revenir dans son giron Jorge Boucas, son ex-directeur industriel, afin de succéder au fondateur, Daniel Roullier, désormais président du conseil de surveillance. Les ambitions du groupe breton, qui emploie 7.600 salariés dont 1.500 dans la région, sont intactes. Après s'être imposé parmi les leaders européens de l'agrofourniture, avec 3,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires, il entend doubler de taille d'ici 2020.

ANTOINE DE FOMMERVAULT ET MARC HÉMON, 53 et 59 ans, directeur général et gérant fondateur d'Yslab

Rien de tel que l'air marin pour se déboucher les sinus. Le pharmacien Marc Hémon a donc créé Yslab en 2000 à Quimper pour soigner grâce aux biomolécules marines. Depuis deux ans et l'arrivée d'Antoine de Fommervault, l'entreprise s'est spécialisée dans les soins ORL et ophtalmologiques. Elle a aussi lancé sa marque de médicaments alors que, jusqu'à présent, elle revendait ses produits aux laboratoires Novartis, Bayer et Johnson & Johnson. Ses propres marques, Océan Bio-Actif et P'tit Bobo, aux extraits d'algues, soignent les rhinites, les grippes et atténuent les allergies. Elles permettent à Yslab de percer en France alors que, « jusqu'à présent, 90% de la clientèle est internationale », précise Antoine de Fommervault. Le pari semble bien parti : en 2015, le chiffre d'affaires a bondi de 15% pour atteindre 8,8 millions d'euros.

MARC GUILLERMOU : Ses solutions bio évitent l'abus d'engrais azotés

Décidé à « préserver l'environnement tout en garantissant la rentabilité », ce fils d'agriculteur finistérien implanté à Merdrignac a créé Bio3G en 1997. Depuis, l'entreprise fournit des produits bio qui permettent de réduire l'utilisation d'engrais azotés à des agriculteurs bio (5% de ses clients), mais surtout à 95% de paysans conventionnels, qui ne peuvent se passer des produits chimiques, « un mal nécessaire », selon Marc Guillermou. Le tout est d'en freiner les méfaits. En collaborant avec l'Inra, son équipe a mis au point un nouveau produit capable de réduire de 20% la quantité d'azote utilisée. Elle a obtenu cette année l'autorisation de mise sur le marché, ce qui devrait aider Bio3G à atteindre une croissance de 5 à 10%. En 2015, son chiffre d'affaires s'est élevé à 35 millions d'euros, principalement réalisé en France.

NATHALIE LETACONNOUX, 51 ans, directrice de CBB Capbiotek

Sa mission : associer les entreprises qui cherchent à innover grâce aux biotechnologies et les laboratoires de recherche de la région. Cosmétiques bio, compléments alimentaires, nutrition animale… A la tête de cet opérateur régional de la filière biotech en Bretagne, Nathalie Letaconnoux fait le lien entre scientifiques et entrepreneurs : à elle de jouer les décodeurs. Par exemple, pour l'entreprise HTL, qui souhaitait développer une molécule contribuant à l'hydratation : elle lui a trouvé des chercheurs capables de créer un produit cosmétique et pharmaceutique à base de collagène. Subventionné à 80% par le conseil régional, Capbiotek atteint 1 million d'euros de budget.

JACQUES PIDOUX ET RENAUD SERGHERAERT, 53 et 54 ans, président et directeur général de BCF Life Sciences

BCF Life Sciences s'est imposé comme l'un des spécialistes de la production d'acides aminés naturels, qu'il extrait des plumes de volaille. Applications ? Les soins du cheveu ou les compléments nutritionnels. La PME a ainsi concocté un shampooing à base de kératine, qui renforce les cheveux. Et elle vise aujourd'hui le marché de la nutrition sportive avec une solution qui favorise la récupération rapide après l'effort. Déjà 60% de son chiffre d'affaires, qui devrait atteindre 27 millions d'euros en 2016, sont réalisés en dehors de l'Hexagone.

BRIS ROCHER, 38 ans, P-DG d'Yves Rocher

En juin 2015, Yves Rocher a inauguré Cap Rocher, son siège parisien implanté à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Si son siège historique reste à La Gacilly, l'entreprise de cosmétiques avait besoin de ces 6.000 mètres carrés de laboratoires supplémentaires pour doubler la surface de sa R & D. Le but  ? Accélérer la mise au point de nouveaux produits, à l'instar du Low ShamPoo, le premier shampooing qui ne mousse pas, dans la veine des produits « naturels » qui font l'impasse sur les agents chimiques irritants, comme les sulfates, parabènes et silicones. Yves Rocher compte lancer une trentaine de magasins dans l'année, qui viendront s'ajouter aux 660 déjà ouverts.

YANNICK RIOU, 46 ans, président de Diana Food

Remplacer les arômes artificiels et les conservateurs par des produits naturels, c'est un peu remettre les choses à l'endroit. Comme utiliser cette cerise du Brésil à la place de la vitamine C synthétique pour conserver la couleur des saucisses des hot dogs, par exemple. Diana Food s'est spécialisé dans la fourniture d'ingrédients naturels, à partir de fruits, de légumes, de viande, transformés en concentré ou en flocons, à l'industrie agroalimentaire. Elle croit désormais en l'ouverture de la Chine et, pour percer là-bas, fait plancher ses équipes (20% travaillent dans la R & D) sur la médecine traditionnelle. Rachetée en 2014 par l'allemand Symrise, l'entreprise a réalisé près de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier.

FRANCK ZAL, 50 ans, fondateur et P-DG d'Hemarina

En réalisant sa thèse, Franck Zal s'était demandé comment le ver marin pouvait respirer à la fois dans l'eau et en dehors. Il a découvert une molécule formidable, l'ancêtre de nos globules rouges, qui oxygène le sang en continu. Franck Zal a quitté le CNRS pour fonder Hemarina en 2007 à Morlaix, et a levé 20 millions d'euros de fonds. La biotech développe aujourd'hui des transporteurs d'oxygène d'origine marine. Un essai clinique avec un produit destiné à préserver les organes à greffer avant la transplantation est actuellement en cours. La start-up a par ailleurs passé un contrat de recherche avec l'US Navy pour venir en aide aux blessés.

Source : capital.fr
par Rozenn Le Saint
Photo : De gauche à droite, Marc Guillermou (Bio3G), Hugues Meili (Niji), Vincent Vandenbroucke et Emilie Gourlaouen (Chipili) ©Studio Niji, Dominique Rolland, DR



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